L'édito de la semaine

1917

L'année 1917 est l’année des grands bouleversements. C’est celui de la révolution russe, le front de l’est est donc supprimé. Allemands et Autrichiens peuvent donc se concentrer sur l’ouest. Mais l’année 1917 est surtout celle des initiatives de paix. Même si celles-ci ont échoué, il est bon d’en faire mémoire aujourd’hui.

En effet, dans ce monde qui semblait avoir perdu la tête et qui se déchirait, on oublie, probablement parce qu’ils n’ont pas réussi, que deux chefs d’Etat ont essayé d’enrayer la machine de guerre. S’ils l’ont fait, c’est avant tout parce qu’ils voyaient que cette machine de guerre était une énorme machine à tuer. Par conviction, ils ont voulu répondre à leur mission et ont tenté de négocier la paix.

Le premier des deux est l’empereur Charles d’Autriche-Hongrie, qui monte sur le trône à la fin de 1916 et qui, très vite, désire la paix et nomme un gouvernement dans ce sens. Mais, inexpérimenté, il n’a peut-être pas compris que certains de ceux qu’il nomme, ne poursuivent pas les mêmes buts que lui. Militaire sur le terrain des opérations, avant de devenir héritier du trône puis empereur, il a été impressionné par la souffrance des soldats et des populations. Son épouse, Zita, qui le suit de garnison en garnison, a aussi été choquée par ce qu’elle a vu. Chrétien convaincu, Charles entend plus que d’autres les appels à la paix du pape. Zita, peut-être encore plus que son mari, est sensible à l’absurdité de cette guerre où ses frères combattent dans des armées opposées. Plus que d’autres, elle est consciente qu’il s‘agit d’une guerre fratricide. Aussi, Charles entre en contact avec le gouvernement français par l’intermédiaire de deux de ses beaux-frères (Sixte et Xavier de Bourbon Parme). Si certains accueillent favorablement les propositions, d’autres les refusent, et l’instabilité gouvernementale leur permet de l’emporter. Charles est, ensuite, publiquement désavoué par son gouvernement. Une campagne de presse s’en prend à l’Impératrice. Cette initiative est une des causes de la chute de la monarchie austro-hongroise. Pour faire la paix Charles a perdu son trône. Il meurt peu après, pauvre, exilé, emporté par la maladie. Zita lui survit longuement et pendant la 2ème guerre mondiale elle œuvre pour convaincre  les alliés de rétablir l’Autriche dans sa souveraineté.

Suite à l’échec de l’empereur Charles, le pape Benoît XV prend le relais mais sans succès non plus. Il faut se rappeler que les relations diplomatiques sont rompues avec l’Italie depuis 1870 et avec la France depuis 1905. Cela n’a pas aidé sa mission.

Avec du recul, on peut mesurer combien ceux qui ont refusé la paix, ont manqué une occasion historique d’épargner un nombre de vies humaines considérable et que leurs motifs étaient dérisoires à côté des enjeux. On réalise aussi maintenant que ceux qui voulaient la paix ont agi en hommes de progrès et d’avenir. La modernité était de leur côté. L’Europe, à la fin de la guerre 14-18, est une Europe exsangue et disloquée qui contient en elle les germes de la deuxième guerre mondiale mais aussi ceux des guerres de la fin du XXème siècle (Kosovo...). La double monarchie habsbourgeoise avait rassemblé les peuples d’Europe centrale. La guerre et les traités les avaient séparés. Ceux-ci sont, maintenant, tous entrés dans la communauté européenne. Les frères et sœurs de Zita de Bourbon Parme avaient épousé des princes de toutes les familles régnantes en Europe de l’époque. Ces liens matrimoniaux n’avaient pas suffi à empêcher la guerre et ils s‘étaient retrouvés dans des camps opposés. Tous ces pays sont maintenant rassemblés et même constituent l’union européenne. L’Europe nous l’avions faite m’a dit un jour le petit fils de l’un d’eux ! Que de chemin parcouru ! Les relations diplomatiques ont été rétablies entre le Saint Siège, la France et l’Italie. Aujourd’hui on voit le rôle que peut jouer le Saint Siège dans la résolution des conflits. (On l’a vu en Colombie). Les succès de ses missions diplomatiques au service de la paix dans le monde ne sont plus à démontrer.

A l’heure où des bruits de guerre se font entendre dans divers points du globe et en particulier au Moyen-Orient, il est bon de nous rappeler que les artisans de paix de 1917 étaient des visionnaires et que l’avenir leur a donné raison. Aussi, puisque l’empereur Charles a été reconnu bienheureux par l’Eglise, confions-lui notre prière pour la paix.  

Abbé Xavier Snoëk
Curé

Prochains évènements

  • Dimanche 3 décembre, Premier dimanche de l'Avent, 11 h  : messe avec le Souvenir Français et des personnes handicapées amenées par l'Ordre de Malte. L'ensemble Beata Musica assurera une partie de la musique liturgique
  • Mardi 5 décembre, 19 h 30 : chapelle vivante. Prières autour du rosaire, pour nos forces de l'ordre, pompiers et secouristes, très sollicités par la lutte contre le terrorisme
  • Vendredi 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception
    • 18 h 30 : vêpres
    • 19 h : messe, à laquelle participeront la paroisse Saint Germain l'Auxerrois et la mission catholique chinoise
    • 20 h : départ de la procession
    • 20 h 30 : à l'église ND-de-Bonne-Nouvelle, la procession sera rejointe par les paroissses Saint-Eugène-Sainte-Cécile, Saint-Roch et la Mission catholique roumaine de Paris
    • 21 h : chant de l'office des complies à Notre-Dame-des-Victoires
    • Qu'es-ce que l'Immaculée Conception de Marie? La réponse en cliquant ici !
  • Samedi 9 décembre, 16 h : concert du cycle "Hommage aux castrats" par Mathieu Salama (contre-ténor)
  • Samedi 9 décembre, 20 h 30 : concert découverte "Noël anciens, du Moyen-Âge à Louis XIV" par l'Ensemble Velut Umbra (Hilaire Vallier, Corinne Fructus, Philippe Nikolov, Gaëtan Jarry et Federico Yacubsohn). Plus d'informations sur la page Concerts
  • Mardi 12 décembre, 19 h 30 : groupe Samuel
  • Samedi 16 décembre ;
    • 12 h : concert "Joie" par Christophe d'Alessandro, orgue, et Astrid Prempain, soprano
    • 12 h 30 : pas de messe
  • Dimanche 17 décembre, 11 h : messe célébrée par S.Exc. Mgr Jérôme Beau
  • Jeudi 21 décembre, 20 h : concert-représentation "Mystère de Noël" Dir. Martine Surais Deschamps
Les horaires présentés dans cette colonne s'ajoutent aux horaires habituels. Pour connaître les horaires habituels,
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  • Les photos de la messe de la fête paroissiale (19 novembre 2017) et de la messe du premier dimanche de l'Avent, célébrée en présence du Souvenir français et de M. le Maire du IIIe (3 décembre 2017) sont en ligne : cliquez ici.