L'édito de la semaine


Quelle société voulons-nous ?

Il parait que, contrairement, aux autres attentats, le gouvernement n'a pas organisé de minutes de silence pour l’attentat de Trèves, dans les établissements scolaires, craignant des polémiques. Quelques jours plus tard, un quotidien publiait un sondage disant que 30% des lycées musulmans approuvaient l'attentat. Cela me rappelle le lendemain des attentats du 11 septembre où des institutrices de maternelle d'une école de la banlieue nord, effarées, s'étaient retrouvées face à leurs élèves scandant dans la cour de récréation "Ben Laden ! Ben Laden !". Ils ont 20 ans maintenant... Certains continuent de penser que les problèmes de violence sont liés à l'émigration et qu'il suffirait de renvoyer des gens chez eux et que le problème serait réglé. Ils oublient de regarder les chiffres. Le problème est chez nous, au cœur de nos quartiers et pas seulement dans certaines de zones dites "sensibles". Le problème est gravissime. Certains commencent à en prendre conscience. On ne peut mettre un policier derrière chaque personne "radicalisée" et allonger le fichier S indéfiniment. Que proposons-nous pour enrayer cette descente dans une violence effroyable, habillée de "religion" ?

Pendant ce temps, beaucoup se mobilisent sur les états généraux de la bioéthique. J'avoue que je trouve ce projet totalement décalé par rapport à la situation que je viens de décrire. En effet, il s'agit bien de projets de riches. Quelque part, il s'agit de se prendre pour Dieu en recréant une nouvelle espèce humaine perfectionnée, en maîtrisant la conception, puis en déterminant le sexe, les caractéristiques physiques et intellectuelles de l'enfant à naître. Alors que nous ne maîtrisons déjà plus "notre vivre ensemble", nous voici en train d'envisager une profonde mutation de notre société, par le bouleversement de la manière d'engendrer et la création de nouvelles "familles", alors que sans cesse nous voyons qu’aujourd’hui, déjà, la famille et l'éducation sont les lieux de nos problèmes. J'ai bien l'impression qu'au lieu de s'atteler à ceux-ci qui nous dépassent, fruits de notre aveuglement éducatif pendant près de 60 ans, nous sommes en train d'en créer un deuxième avec un saut dans l'inconnu. Au lieu de travailler à fabriquer de nouveaux humains et d'y consacrer un budget considérable, nous ferions peut-être mieux de nous investir dans une refonte de notre éducation et la création de structures adaptées pour accueillir enfants et jeunes en déshérence, qui sont des laissés pour compte de notre système scolaire à réformer.

Les réponses que nous essayons d'apporter me semblent souvent insuffisantes. Les processus administratifs me semblent souvent archaïques. Nous sommes incapables de réagir rapidement et efficacement. On continue pour chaque cas à noircir des pages de dossiers. "Mais il s'agit de sauver des vies" s'est exclamée une négociatrice face à un fonctionnaire qui argumentait pour sauver 18 m2 de "végétalisation" et un autre qui arguait d'une procédure de plusieurs mois à respecter!

Certains sourient de certains avantages des cheminots qui datent du temps de la locomotive à vapeur, mais malheureusement j'ai souvent l'impression que beaucoup de choses datent de cette époque, à commencer par la façon dont on traite l'Eglise catholique au nom de la laïcité. Le contexte religieux du XXIème siècle n'est plus du tout celui du XIXème ni même de la 1ère moitié du XXème.

La Conférence des évêques de France a accueilli le Président de la République aux Bernardins, lundi dernier. J'espère que cette rencontre inaugurera un nouveau mode de relation et je dirai de collaboration entre l'Etat et l'Eglise. N'oublions pas comme cela a été rappelé par les témoignages qui ont ouvert la rencontre, que c'est l'Eglise, en France tout particulièrement, et partout dans le monde qui a ouvert des écoles et des hôpitaux. Aucune religion, aucune autre philosophie ne l'a fait avant nous. Il ne faut pas l'oublier. Peut-être avons-nous encore quelque chose à apporter à la société dans ce domaine, si elle le veut bien ? Encore faudrait-il que nous ne perdions pas notre savoir-faire spécifique et pour cela que nous l'identifions clairement et le cultivions.

Abbé Xavier Snoëk
Curé

Prochains évènements


  • Mardi 24 avril, 19 h 30 : messe votive au Saint-Esprit pour les élections au sein de l'Ordre de Malte.
  • Lundi 30 avril, Saint Pie V, 12 h 30 : messe.
  • Mardi 1er mai, 19 h 30 : à l'issue de la messe de 19 h, chapelle vivante pour les forces de l'ordre.
  • Jeudi 3 mai :
    • 19 h : conférence sur la cause de béatification de Mme Élisabeth de France
    • 19 h 30 : messe du Cœur immaculé de Marie pour la cause de béatification de Mme Élisabeth de France, célébrée par S.Exc. Mgr Aumônier, évêque de Versailles.
  • Vendredi 4 mai : messe unique à 12 h 30.
  • Samedi 5 mai : messe unique à 12 h 30.
  • Jeudi 10 mai, fête de l'Ascension du Seigneur (fête de précepte) :
    • 11 h : messe paroissiale. L'Ascension étant une fête de précepte, elle se célèbre comme un dimanche et l'Église demande aux catholiques d'aller à la messe ce jour là.
    • 18 h : vêpres
  • Dimanche 20 mai, fête de la Pentecôte :
    • 11 h : messe grégorienne
    • 18 h : vêpres
  • Jeudi 24 mai, 20 h 30 : spectacle musical sur Mme Élisabeth de France
    • Texte : Dominique Sabourdin-Perrin ; mise en scène : Martine Surais-Deschamps.
    • Avec Brigitte Laugier, Astrid Prempain, Erzsebeth Tassin.
    • Le spectacle sera redonné au Domaine de Montreuil, à Versailles, le 2 juin 2081 à 17 h.
Les horaires présentés dans cette colonne s'ajoutent aux horaires habituels. Pour connaître les horaires habituels,
consultez la page "Horaires".

À la une


  • Chorale paroissiale : vous pouvez  l'écouter ici interpréter "In monte oliveti", une  polyphonie du Padre Martini (1706-1784), au cours de la messe du dimanche de Lætare (11 mars 2018) :         
  
    Vous pouvez retrouver ce morceau sur                 Youtube. Merci de le partager afin de faire         connaître la chorale paroissiale, qui cherche
    à recruter de nouveaux chanteurs.

  • Pèlerinage à Lourdes : du 4 au 8 mai 2018, avec l'Ordre de Malte.
  • Pèlerinage en Hongrie : du 22 au 27 octobre, avec la paroisse Ste Jeanne-de-Chantal. 995€ pension complète (si plus de 39 participants) AR Retour en avion, guide, entrées, autocar Dépliants disponibles à l’accueil. Inscriptions dès maintenant.